Surprises #2

Suite et fin des surprises, pour le moment…

{surprise 6}

Yeark ! J’ai tout de suite repéré que le boulot de défaire le premier faux plafond constitué de plaques de placo énormes n’était pas pour moi. Déjà physiquement ce n’était pas facile. Mais surtout, au premier coup de marteau et de pied de biche, j’ai vu une multitude de crottes tomber. Il fallait bien retrouver leurs propriétaires. Celui-ci est un rat, resté collé à l’un des rails. Mais on a aussi retrouvé plein de petites souris toutes sèches. Immonde…

{surprise 7}

Sous les multiples couches, le mur commence à apparaître. Il est en pierres, petits moellons pas très beaux car non décoratifs. Cette photo permet de voir qu’il était grand temps pour la maison de respirer un peu. Le plâtre l’étouffait, le salpêtre l’envahissait (cette espèce de mousse blanche). A certains endroits, le plâtre était presque gorgé d’eau : on a pu retirer le papier peint sans le mouiller ! Mais, le mur en-dessous était sain (heureusement) et complètement sec.

{surprise 8}

Sous le deuxième faux plafond, les poutres (ouf !) et les solives. Petit traité de plafond médiéval :

il est constitué de grosses poutres qui soutiennent la maison, c’est l’ossature de celle-ci. On les appelle les poutres sommières. On en a trois dans cette pièce (sur la photo on en voit une à droite). Viennent s’encastrer dans ces poutres des solives, petites poutres moins grandes qui servent de support au sol de l’étage supérieur.

Ici on voit plusieurs choses : les entailles qui permettaient d’encastrer les solives et le fait que les solives ont été déplacées puisqu’elles ne sont plus dans leur position initiale.

Le plafond a subi plusieurs attaques et on a quelques trous (ce qui ne manque pas de me terrifier à l’idée que l’on puisse passer au travers, idée ridicule selon mon archéologue, soit…). Et du coup, on voit bien comment il a été fabriqué. Ce n’est pas l’état médiéval c’est certain, mais c’est la même technique :

On parle de « quenouilles ». Entre chaque solive, des quenouilles, petits morceaux de bois, sont placées à la perpendiculaire. Sur cette photo, la quenouille est complètement apparente, ce qui est très embêtant. Avant d’être posée, elle doit être enroulée d’un enduit épais en torchis :

Ici, seul l’enduit de lissage, décoratif, a disparu. On devine bien la présence de bouts de bois enroulés dans de la terre.

{surprise 9}

Autre partie très importante : un placard encastré. Rien de très excitant à première vue, et pourtant. A l’étage juste au-dessus, on a la même chose sauf qu’il s’agit d’une ancienne bais qui donne sur une courette de la maison d’à côté. On pariait sur le fait que ce placard était aussi une fenêtre ou une porte.

Fébrile, armée de mon marteau et mon burin, j’entame la destruction de cette zone. Or, ça me résiste. Non pas que je sois d’une force herculéenne (quoique, là, je me suis entraînée) mais tout de même ! Pas de doute : c’est bétonné… Toute une zone entièrement bétonnée du sol aux solives… J’en ai pleuré. Comment enlever du béton sur un mur en pierre quand il s’est incrusté entre chacune d’elles ? dans quel état retrouve-t-on le mur en-dessous ?

Réponse : c’est pas facile, mais ça se fait… On a pris une défonceuse et on a défoncé. Mais ce qui aurait dû nous prendre une demie-journée nous prendra des jours. On a choisi d’abandonner cette étape pour le moment, par manque de temps. Ce sera fait avant l’hiver pour qu’on puisse profiter de notre cheminée.

De toutes façons, il faut le faire : il n’y a pas plus mauvais mélange entre béton et mur de pierres. Une réaction chimique se crée, le béton fait disparaître la chaux. Le mur ne tient que par le béton et par de la terre. Le jour où le béton lâche, tout le mur s’écroule.

Un petit exemple ici : sur la partie gauche de la cheminée de l’enduit, sur la partie droite du béton. On l’a juste enlevé en bas à droite et le mur n’est quasi pas abimé.

Marrant : pourquoi du béton que sur la moitié de la cheminée ? Parce que dans les années 60 cette cheminée était en plein milieu d’une cloison ! A droite une salle de bain, avec une moitié de cheminée, à gauche une cuisine avec une moitié de cheminée…

{surprise 10}

Cette cheminée nous réserve aussi quelques surprises que l’on verra plus tard, donc. Mais en voici un aperçu :

Cachée dans l’un de ses pieds, une autre petite niche décorée. On voit comme des carreaux de carrelage. Il s’agit en fait d’un décor dessiné dans le stuc. C’est en très mauvais état.

Recouvert de béton (…), un corbeau, probablement en pierre de taille, vient finir le plafond aux deux angles du mur du fond, encadrant la cheminée. ça promet !

Fin de cet épisode, pour le moment. Le prochain article traitera de couture pour moi ! (faut bien se faire plaisir après tout ça)

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2 réflexions sur “Surprises #2

  1. Encore mieux qu’un roman ; vivement la suite !

    (Même si la jupe au-dessus est très sympa aussi. Mais n’ayant pas de maison à déshabiller, j’aime beaucoup suivre les chantiers chez les autres 😉 ).

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